Qu'est-ce qui ne va pas dans la photo suivante?
Solution:
1) Est-ce le fait qu’aucun équipier ne porte le VFI ou n’a pas de harnais dûment frappé à une ligne de vie? À mon avis, ce n’est pas ici un manque au niveau de la sécurité. En effet, la mer est calme, la gîte est légère et la température de l’eau est relativement chaude (Saguenay). Ce dernier paramètre n’est évidemment pas visible sur la photo, cependant le chef de bord se doit de le connaître.
2) Le principal problème est la prise de ris dans la GV.
a) On remarque que l’oeillet de ris, l’actuel point d’écoute, n’est pas au niveau de la bôme. La bosse de ris n’est pas assez étarquée. En principe, les GV sont taillées de façon à ce que l’œillet descende au niveau de la bôme lors de la prise de ris. Cela tend correctement la bordure et la chute, aplatissant ainsi la voile. L’aplatissement est l’effet habituellement recherché lorsqu’on arise, surtout aux allures de près (comme sur la photo). Lorsqu’il y a trop de vent, on cherche à diminuer la puissance de la voile en diminuant sa surface d’une part et en l’aplatissant d’autre part. Avec la juste surface et forme, le voilier sera moins ardent et gîtera moins, soulageant ainsi le voilier, le barreur et assurant confort et sécurité.
La cause la plus fréquente de cet état est un mauvais soulagement de la bôme lors de la manoeuvre de prise de ris. Rappelons que le soulagement de la bôme se fait en embraquant la balancine afin d’élever la bôme. Si on veut que la bôme monte, il faut absolument choquer en grand l’écoute et le hale-bas de bôme. L’idée est d’élever suffisamment la bôme afin d’amener l’œillet au niveau de la bôme sans que la bosse et la chute de la voile n’ait à hisser la bôme.
b) En supposant que le soulagement de la bôme ait été approprié, l’œillet n’aurait quand même pas pu se rendre au niveau de la bôme. La bosse étant incorrectement frappée sur la bôme. On voit que l’œillet ne peut dépasser le noeud de chaise utilisé pour frapper la bosse à la bôme. L’arrimage de la bosse devrait plutôt se faire sur un pontet fixé sur le côté où sous la bôme. Une telle installation permet de bien coller l’œillet à la bôme.
c) Le pendant de la voile n’est pas ramassé par des garcettes. Quoique ici, la voile ne pend pas exagérément. Cependant un virement de bord peut tout changer. Les garcettes ne doivent pas être souqué au point de forcer les petits œillets laissant passés ces bouts au travers de la voile. Ces œillets ne peuvent en aucun cas supporter de pression sinon c’est la déchirure de la voile.
Si la GV est à bordure libre, c’est-à-dire bordure non solidaire de la bôme, on passera les garcettes au-dessus de la bôme. Autrement dit, on ne noue pas ensemble la bôme et le pendant, on entoure seulement le pendant. De cette façon, si la bosse casse ou lâche on évite la déchirure. Par contre, si la bordure est solidaire de la bôme (ralingue de bordure glissée dans la gorge de la bôme) on n’aura pas le choix d’entourer bôme et pendant.
3) L’autre point touche la position de l’équipier à l’écoute de génois. Cette position offre peu de force car l’équipier travaille à bout de bras. Une certaine force est généralement requise lorsqu’il s’agit de border le génois aux allures de près. Le meilleur est de se positionner en califourchon au-dessus du winch et de servir du ballant de son corps pour augmenter sa force. On se place face vers l’avant (comme sur la photo) afin de voir l’effet sur la forme de la voile. Ici, le pied droit de l’équipier serait sur le cale-pied et l’autre sur le banc du cockpit. Le corps penché au-dessus du winch avec les deux mains sur la poignée de winch.